Guide pratique

Nager avec les raies et les requins en Polynésie

Snorkeling Toute l’année Lecture 5 min

C’est probablement la rencontre marine la plus accessible de Polynésie : pas de saison, pas de brevet, un masque et un tuba suffisent, et l’eau est à hauteur d’homme. C’est aussi celle où circulent le plus d’idées fausses — sur le danger réel, qui est faible, et sur ce que l’on a le droit de faire, qui est plus encadré qu’on ne le croit.

Raie manta dans un lagon polynésien

Toute l’année

Pas de saison

contrairement aux baleines

Masque et tuba

Suffisent

aucun brevet de plongée requis

Interdit

Le nourrissage

une pratique à refuser, même si on vous la propose

Ce que vous allez croiser

La raie pastenague à points bleus

Moorea, Bora Bora

C’est l’espèce des « stingray city » polynésiennes : des raies habituées à la présence humaine, dans un mètre d’eau. Impressionnantes de près, inoffensives si on ne les touche pas et si on ne marche pas dessus. Elles portent un dard caudal défensif, jamais utilisé sans provocation.

Le requin à pointes noires

Presque tous les lagons

Un requin de récif d’un mètre à un mètre cinquante, curieux mais craintif, qui s’écarte du nageur. C’est celui que l’on croise le plus, souvent en même temps que les raies. Sa présence est un signe de bonne santé du lagon, pas un danger.

La raie manta

Tikehau, Fakarava, Bora Bora

Beaucoup plus grande — plusieurs mètres d’envergure — et beaucoup plus rare. On l’observe sur des stations de nettoyage, en apnée ou en plongée. La rencontre ne se commande pas : c’est le hasard qui décide.

Le requin gris de récif

Passes des Tuamotu

Plus grand, plus territorial, il se rencontre surtout dans les passes et en plongée bouteille — pas en snorkeling de lagon. C’est l’espèce des rassemblements spectaculaires de Fakarava.

La question que tout le monde pose

Non, ce n’est pas dangereux — à condition de ne pas transformer la rencontre en spectacle.

Les espèces de lagon que vous croiserez ne s’intéressent pas à vous. Les incidents, rares, viennent presque toujours d’un comportement humain : toucher, poursuivre, nourrir, ou nager au milieu d’un appâtage. C’est exactement pour cela que le nourrissage est interdit — il associe la présence humaine à la nourriture, et c’est ce qui crée le risque.

Les règles, courtes et non négociables

  • → Ne jamais toucher un animal. La peau des raies et des requins porte un mucus protecteur qu’un contact abîme.
  • → Ne jamais nourrir, et refuser une sortie qui le propose : la pratique est interdite en Polynésie française et modifie durablement le comportement des animaux.
  • → Garder les mains le long du corps et rester en surface. C’est ce qui distingue un nageur d’une proie ou d’un intrus.
  • → Ne pas poursuivre un animal qui s’éloigne, et laisser toujours une voie de sortie libre.
  • → Entrer dans l’eau sans éclabousser, et sortir calmement. L’agitation est ce qui inquiète les requins de récif.
  • → Ne pas y aller avec une plaie ouverte, et éviter les bijoux brillants.
Une sortie où l’on jette du poisson à l’eau pour faire venir les requins n’est pas une belle sortie. C’est une sortie à quitter.

Quatre questions avant de réserver

  • 01 Le prestataire est-il agréé, et son guide formé ?
  • 02 Combien de nageurs à l’eau en même temps ? Au-delà d’une dizaine, l’expérience se dégrade et le stress des animaux augmente.
  • 03 Le nourrissage est-il pratiqué ? Si la réponse est oui, ou évasive, cherchez ailleurs.
  • 04 Que se passe-t-il si la météo tourne ? Un opérateur sérieux annule plutôt que de forcer.

Où aller

Moorea et Bora Bora concentrent les sorties lagon classiques, en demi-journée, combinées à un pique-nique sur un motu. C’est le format le plus courant et le plus adapté aux familles — voir notre guide Polynésie en famille.

Pour les raies manta et les rassemblements de requins gris, il faut viser les Tuamotu, et souvent passer à la plongée bouteille : c’est le sujet de notre guide plonger à Fakarava et Rangiroa.

Jeune tortue dans un lagon polynésien
Tortues, raies et requins de récif partagent les mêmes lagons peu profonds.

Pour bien choisir

  • → Première fois, en famille : sortie lagon à Moorea, en petit groupe.
  • → Vous voulez des raies manta : visez les Tuamotu, et acceptez l'aléa.
  • → On vous propose de nourrir les animaux : refusez, c'est interdit.
  • → Vous ne savez pas nager : dites-le, certaines sorties restent possibles avec gilet.

Sur-mesure

Des sorties avec des opérateurs que nous connaissons

Petits groupes, pas de nourrissage, guides qui savent renoncer quand les conditions ne s’y prêtent pas : c’est le seul filtre qui compte.

Créer mon voyage