C’est probablement la rencontre marine la plus accessible de Polynésie : pas de saison, pas de
brevet, un masque et un tuba suffisent, et l’eau est à hauteur d’homme. C’est aussi celle où
circulent le plus d’idées fausses — sur le danger réel, qui est faible, et sur ce que l’on a le
droit de faire, qui est plus encadré qu’on ne le croit.
Toute l’année
Pas de saison
contrairement aux baleines
Masque et tuba
Suffisent
aucun brevet de plongée requis
Interdit
Le nourrissage
une pratique à refuser, même si on vous la propose
Ce que vous allez croiser
La raie pastenague à points bleus
Moorea, Bora Bora
C’est l’espèce des « stingray city » polynésiennes : des raies habituées à la présence humaine, dans un mètre d’eau. Impressionnantes de près, inoffensives si on ne les touche pas et si on ne marche pas dessus. Elles portent un dard caudal défensif, jamais utilisé sans provocation.
Le requin à pointes noires
Presque tous les lagons
Un requin de récif d’un mètre à un mètre cinquante, curieux mais craintif, qui s’écarte du nageur. C’est celui que l’on croise le plus, souvent en même temps que les raies. Sa présence est un signe de bonne santé du lagon, pas un danger.
La raie manta
Tikehau, Fakarava, Bora Bora
Beaucoup plus grande — plusieurs mètres d’envergure — et beaucoup plus rare. On l’observe sur des stations de nettoyage, en apnée ou en plongée. La rencontre ne se commande pas : c’est le hasard qui décide.
Le requin gris de récif
Passes des Tuamotu
Plus grand, plus territorial, il se rencontre surtout dans les passes et en plongée bouteille — pas en snorkeling de lagon. C’est l’espèce des rassemblements spectaculaires de Fakarava.
La question que tout le monde pose
Non, ce n’est pas dangereux — à condition de ne pas transformer la rencontre en spectacle.
Les espèces de lagon que vous croiserez ne s’intéressent pas à vous. Les incidents, rares,
viennent presque toujours d’un comportement humain : toucher, poursuivre, nourrir, ou nager
au milieu d’un appâtage. C’est exactement pour cela que le nourrissage est interdit — il
associe la présence humaine à la nourriture, et c’est ce qui crée le risque.
Les règles, courtes et non négociables
→Ne jamais toucher un animal. La peau des raies et des requins porte un mucus protecteur qu’un contact abîme.
→Ne jamais nourrir, et refuser une sortie qui le propose : la pratique est interdite en Polynésie française et modifie durablement le comportement des animaux.
→Garder les mains le long du corps et rester en surface. C’est ce qui distingue un nageur d’une proie ou d’un intrus.
→Ne pas poursuivre un animal qui s’éloigne, et laisser toujours une voie de sortie libre.
→Entrer dans l’eau sans éclabousser, et sortir calmement. L’agitation est ce qui inquiète les requins de récif.
→Ne pas y aller avec une plaie ouverte, et éviter les bijoux brillants.
Une sortie où l’on jette du poisson à l’eau pour faire venir les requins n’est pas une belle
sortie. C’est une sortie à quitter.
Quatre questions avant de réserver
01Le prestataire est-il agréé, et son guide formé ?
02Combien de nageurs à l’eau en même temps ? Au-delà d’une dizaine, l’expérience se dégrade et le stress des animaux augmente.
03Le nourrissage est-il pratiqué ? Si la réponse est oui, ou évasive, cherchez ailleurs.
04Que se passe-t-il si la météo tourne ? Un opérateur sérieux annule plutôt que de forcer.
Où aller
Moorea et
Bora Bora concentrent les
sorties lagon classiques, en demi-journée, combinées à un pique-nique sur un motu. C’est le
format le plus courant et le plus adapté aux familles — voir notre guide
Polynésie en famille.
Pour les raies manta et les rassemblements de requins gris, il faut viser les
Tuamotu, et souvent passer à
la plongée bouteille : c’est le sujet de notre guide
plonger à Fakarava et Rangiroa.
Tortues, raies et requins de récif partagent les mêmes lagons peu profonds.
Pour bien choisir
→Première fois, en famille : sortie lagon à Moorea, en petit groupe.
→Vous voulez des raies manta : visez les Tuamotu, et acceptez l'aléa.
→On vous propose de nourrir les animaux : refusez, c'est interdit.
→Vous ne savez pas nager : dites-le, certaines sorties restent possibles avec gilet.