La Polynésie passe pour une destination de couple, et c’est un malentendu : le lagon est
probablement le meilleur terrain de jeu qui existe pour un enfant qui sait nager. Mais deux
contraintes commandent tout — la durée du trajet et le décalage horaire — et
elles rendent certains projets déraisonnables.
~20 h
De trajet à l’aller
escale comprise, depuis Paris
11 — 12 h
De décalage horaire
selon la saison métropolitaine
3 semaines
Durée conseillée
en dessous, le trajet pèse trop lourd
L’âge des enfants décide presque tout
Avant 4 ans
À déconseiller
Le trajet est très long, le décalage brutal, et l’enfant ne gardera rien du voyage. Le budget d’un séjour polynésien se justifie difficilement dans ces conditions. Il existe des destinations tropicales bien plus proches.
5 à 10 ans
Le bon âge, avec des ajustements
L’enfant nage, s’émerveille du lagon, retient les rencontres — raies, tortues, poissons. Il faut en revanche accepter de ralentir : moins d’îles, plus de jours sur chacune, et des journées qui ne se remplissent pas.
11 ans et plus
Le meilleur moment
Snorkeling autonome, randonnées accessibles, éventuellement baptême de plongée. L’adolescent profite de presque tout ce qu’un adulte apprécie, et il en garde un souvenir durable.
Vingt heures d’avion pour dix jours sur place, avec des enfants, n’a pas de sens. En famille,
la Polynésie se mérite en durée.
Un itinéraire qui fonctionne
Peu d’étapes, des lagons abrités, un seul vol intérieur.
Deux points se préparent plus tôt qu’ailleurs avec des enfants : les papiers et la couverture
santé, y compris ceux du pays d’escale, que détaille
formalités et santé ; et le calendrier, si
vous visez juillet, parce que le
Heiva i Tahiti remplit les hébergements de Tahiti
en même temps que les vacances scolaires.
Marché de Papeete, musée, et la nuit tampon avant le vol retour.
Total : 13 nuits sur place, hors
temps de vol.
Cinq points pratiques
→Un lagon peu profond et abrité vaut mieux qu’un décor spectaculaire : Moorea, Tikehau et Huahine devant Bora Bora.
→Les pensions de famille conviennent souvent mieux que les resorts : cuisine familiale, autres enfants, hôtes disponibles, et un budget qui autorise trois semaines plutôt que dix jours.
→Prévoir deux jours de récupération en début de séjour. Le décalage horaire se paie comptant avec de jeunes enfants.
→Le soleil est violent, y compris par ciel couvert. T-shirt anti-UV plutôt que crème seule, et crème sans filtre nocif pour le corail.
→Les infrastructures médicales sont bonnes à Tahiti et Moorea, plus légères ailleurs : à intégrer au choix des îles pour un très jeune enfant.
Le réflexe à prendre
Posez systématiquement la question de la sécurité au prestataire, avant de réserver.
Âge minimum réel, gilets à la taille des enfants, nombre d’encadrants par groupe, profondeur
et courant sur le site, conduite à tenir en cas de météo qui tourne. Un prestataire sérieux
répond précisément et sans agacement ; s’il élude, c’est déjà une réponse.
C’est particulièrement vrai pour tout ce qui se passe hors du lagon fermé : sorties en
bateau, snorkeling en passe, excursions vers un motu. Le lagon polynésien est très sûr
là où il est abrité, beaucoup moins près des passes, où le courant peut être
violent sans que rien ne se voie depuis la surface.
Ce que les enfants retiennent
Rarement le bungalow, presque toujours les rencontres avec les animaux :
raies pastenagues qui viennent au contact dans quarante centimètres d’eau, tortues, bancs de
poissons dans un jardin de corail. Ce sont des activités peu coûteuses, accessibles depuis la
plupart des lagons, et qui ne demandent qu’un masque.
L’autre souvenir durable, c’est la vie de village : le va’a qui s’entraîne au
coucher du soleil, le marché, les autres enfants. C’est ce que la pension de famille rend
accessible et que le resort tient à distance — développé dans notre comparaison
pension ou resort.
C’est aussi ce qui explique que Moorea revienne si souvent dans les itinéraires en famille et
Bora Bora si rarement : le ferry supprime un aéroport, et la route circulaire permet
d’écourter une journée sans rien perdre. L’arbitrage entre les deux îles, avec ses cas où il
s’inverse, est détaillé dans
Bora Bora ou Moorea.
Un lagon peu profond et abrité vaut mieux qu'un décor spectaculaire.
Pour bien décider
→Enfants de moins de 4 ans : reportez, une autre destination servira mieux tout le monde.
→Vous ne disposez que de deux semaines : deux îles maximum, pas trois.
→Priorité au lagon : Moorea et Tikehau avant Bora Bora.
→Budget contraint : la pension permet de rester trois semaines au prix de dix jours en resort.