Juillet — novembrePrestataire agréé obligatoireLecture 7 min
Chaque année, les baleines à bosse quittent l’Antarctique et remontent vers les eaux chaudes de
Polynésie française pour s’y reproduire et mettre bas. C’est l’une des rares régions au monde où
la rencontre peut se faire à la nage, masque et tuba, sans cage ni bassin. Mais c’est aussi une
activité strictement encadrée par la loi polynésienne, et la réglementation a
changé récemment : ce qui était possible il y a quelques années ne l’est plus.
Quand venir
Les sorties d’observation sont autorisées pendant une fenêtre fixée par arrêté, qui court
approximativement du 20 juillet au 20 novembre — la période où les baleines à
bosse fréquentent les eaux polynésiennes. En dehors de cette fenêtre, aucune sortie n’est
légale, même avec un prestataire agréé.
À l’intérieur de la saison, l’expérience n’est pas la même du début à la fin. Hors de cette
fenêtre, la rencontre avec de grands animaux marins reste possible : les
raies et les requins se
côtoient toute l’année, sans arrêté saisonnier et sans niveau requis.
Fin juillet — début août
Les premières arrivées
Les baleines à bosse remontent depuis l’Antarctique. Les observations sont encore irrégulières : c’est une période pour les voyageurs qui préfèrent le calme à la garantie.
Août — septembre
Le cœur de saison
La densité est la plus forte. C’est aussi la période des mâles chanteurs et des parades nuptiales, la plus spectaculaire pour qui espère entendre le chant sous l’eau.
Octobre — novembre
Les mères et les baleineaux
Les rencontres deviennent plus douces : femelles accompagnées de leur petit, qui apprend à nager près de la surface. Moins d’agitation, souvent plus d’émotion.
C’est la baleine qui décide de la rencontre. Un prestataire qui promet de la garantir promet
quelque chose qu’il n’a pas le droit de faire.
Ce que dit la réglementation
La Polynésie française est classée sanctuaire pour les mammifères marins. Les
règles se sont durcies après des années de fréquentation croissante autour des animaux. Les
principales, en vigueur aujourd’hui :
→Seuls des prestataires agréés peuvent emmener des clients : capitaines et guides doivent avoir suivi une formation spécifique et disposer d’une dérogation délivrée par la Direction de l’environnement.
→Les plaisanciers et les particuliers ne peuvent plus pratiquer l’activité par eux-mêmes.
→Les navires autorisés n’approchent pas à moins de 100 mètres d’un cétacé.
→Trois bateaux au maximum peuvent être présents en même temps dans la zone d’observation.
→Les mises à l’eau sont limitées à six personnes accompagnées d’un guide agréé.
→L’observation n’est autorisée que de 7h30 à 17h30, pour préserver les périodes de repos des animaux.
→Les infractions exposent à un retrait de la dérogation et à des poursuites pénales en cas de récidive.
Le point non négociable
Sans guide agréé, la mise à l’eau est illégale — et surtout dangereuse.
Une baleine à bosse adulte pèse plusieurs dizaines de tonnes. Un coup de nageoire caudale,
même sans intention, suffit à tuer un nageur. Un guide formé sait lire le comportement de
l’animal, repérer un mâle escorteur ou une mère qui protège son petit, et décider de ne pas
mettre à l’eau. C’est exactement ce qu’on paie.
Quel que soit l’intermédiaire par lequel vous réservez — nous compris — exigez la
dérogation du prestataire. Une sortie proposée sans elle est à refuser, même si le
prix est attractif et même si l’on vous assure que « tout le monde le fait ».
Où c’est autorisé
L’observation n’est permise qu’autour de certaines îles. Moorea concentre l’essentiel de
l’activité, mais elle n’est pas la seule option — et les Australes offrent des rencontres
réputées plus proches.
RurutuAustrales — réputée pour la proximité des mères et baleineaux
TubuaiAustrales
Comment choisir son prestataire
C’est le point qui compte le plus, et le seul sur lequel le voyageur a vraiment la main.
01Demander le numéro de dérogation délivré par la Direction de l’environnement. Un prestataire sérieux le donne sans hésiter.
02Vérifier la taille du groupe : six personnes à l’eau maximum, pas davantage, quelle que soit la formule vendue.
03Se méfier de toute garantie de voir des baleines. Aucun opérateur honnête ne la donne : l’animal décide de la rencontre.
04Écarter quiconque propose de poursuivre un animal, d’entrer dans un lagon ou une baie pour l’approcher, ou de sortir hors du créneau autorisé.
Ce qu’il ne faut pas attendre
Une sortie baleines n’est pas une attraction. Il arrive qu’on ne voie rien, ou qu’on observe
seulement depuis le bateau sans mise à l’eau, parce que l’animal se repose, allaite, ou qu’un
autre bateau occupe déjà la zone. C’est le fonctionnement normal d’une activité réglementée,
pas un échec du prestataire.
C’est aussi pour cette raison qu’il vaut mieux prévoir plusieurs jours sur place
plutôt qu’une sortie unique en fin de séjour : la météo, l’état de la mer et la présence des
animaux se combinent rarement du premier coup. Cette logique rejoint notre lecture du
slow travel :
laisser du temps au lieu plutôt que remplir le programme.
Questions fréquentes
À quelle période peut-on nager avec les baleines en Polynésie ?
La fenêtre est fixée par arrêté et court approximativement du 20 juillet au 20 novembre, période où les baleines à bosse fréquentent les eaux polynésiennes. En dehors de cette fenêtre, aucune sortie n’est légale, même avec un prestataire agréé. Août et septembre offrent la plus forte densité d’animaux ; octobre et novembre les mères accompagnées de leur baleineau.
Faut-il savoir plonger pour participer ?
Non : la rencontre se fait en surface, masque et tuba, sans bouteille ni brevet. Il faut en revanche être à l’aise à la nage en pleine mer, hors du lagon. Les mises à l’eau sont limitées à six personnes accompagnées d’un guide agréé.
Comment reconnaître un prestataire en règle ?
Demandez son numéro de dérogation, délivré par la Direction de l’environnement : un prestataire sérieux le donne sans hésiter. Vérifiez aussi la taille du groupe — six personnes à l’eau au maximum — et le créneau, l’observation n’étant autorisée que de 7h30 à 17h30. Écartez quiconque garantit de voir des baleines ou propose de poursuivre un animal.
La rencontre se mérite : hors saison des baleines, le lagon réserve d'autres surprises.
Pour bien organiser
→Vous voulez la plus forte densité d'animaux : visez août et septembre.
→Vous préférez les mères et les baleineaux : visez octobre et novembre.
→Vous voulez maximiser vos chances : prévoyez au moins trois jours sur une île autorisée, pas une seule sortie.
→Vous réservez vous-même : exigez le numéro de dérogation du prestataire.
Bonnes dates, île autorisée, prestataire agréé et assez de jours sur place pour que la
rencontre ait lieu : on construit l’itinéraire autour de la contrainte, pas l’inverse.