Les Tuamotu ne ressemblent à rien de ce que l’on imagine en pensant « Polynésie ». Pas de
montagne verte tombant dans le lagon, pas de vallée profonde : des anneaux de corail
posés à fleur d’eau, larges de quelques dizaines de mètres, qui enferment des lagons
parfois plus vastes qu’un département. C’est le plus grand ensemble d’atolls du monde, et
c’est aussi la Polynésie la moins peuplée, la plus lente et la plus spectaculaire sous l’eau.
~78
atolls
le plus vaste ensemble d’atolls au monde
UNESCO
Réserve de biosphère
Fakarava et six atolls voisins, depuis 2006
1 600 m
Passe de Garuae
la plus large de Polynésie française
Qu’est-ce qu’un atoll, exactement
Un atoll est le stade final d’une île volcanique. Le volcan s’élève, un récif corallien se
forme autour de lui, puis l’île s’enfonce lentement pendant que le corail continue de croître
vers la lumière. Au bout de plusieurs millions d’années, la montagne a disparu sous la
mer et il ne reste que la couronne : un anneau de récif ponctué d’îlots — les
motu — enfermant le lagon qui occupait autrefois ses flancs.
Concrètement, cela veut dire trois choses pour un voyageur. Le point culminant dépasse
rarement quelques mètres, donc l’horizon est partout. Il n’y a ni rivière ni
source : l’eau douce vient de la pluie et du dessalement. Et le sol est du corail broyé, donc
la végétation se limite pour l’essentiel au cocotier et à quelques espèces résistantes au sel.
L’austérité fait partie du paysage — c’est ce qui le rend saisissant.
Les passes, cœur de l’archipel
Une passe est une coupure dans l’anneau, par laquelle le lagon et l’océan échangent leurs eaux
au rythme des marées. Deux fois par jour, un volume considérable entre puis ressort. Ce
courant concentre le plancton, donc les petits poissons, donc les prédateurs :
requins gris, requins pointes blanches, carangues, napoléons, raies. C’est pour cette raison —
et non pour la couleur du lagon — que les Tuamotu comptent parmi les destinations de plongée
les plus réputées du Pacifique.
Une plongée de passe se cale donc sur l’horaire de la marée, jamais sur celui du club. On la
pratique en dérivante : on se laisse porter par le courant entrant, de l’océan vers le lagon.
Le détail de chaque site est dans notre guide
plonger à Fakarava et Rangiroa.
Les trois atolls à connaître
L’archipel en compte environ 78, mais une poignée seulement est équipée pour recevoir des
voyageurs. Trois structurent l’essentiel des séjours, et ils ne se ressemblent pas.
Les lagons des Tuamotu abritent l’essentiel de la perliculture polynésienne. L’huître
Pinctada margaritifera y trouve la profondeur, la température et la qualité d’eau
qu’il lui faut, et l’activité fait vivre des atolls entiers qui n’ont rien d’autre à cultiver.
Ce que devient une greffe, combien de temps elle demande et comment se lit une perle sont
détaillés dans notre guide des
perles de Tahiti.
Se rendre dans l’archipel
L’avion est la seule option raisonnable : les atolls sont dispersés sur une étendue
considérable, et aucune liaison maritime régulière ne dessert le voyageur. Les vols partent de
Tahiti, dans les îles de la Société,
et les atolls principaux sont reliés entre eux, ce qui permet d’en enchaîner deux sans
repasser par Papeete. Les logiques de tarif, les passes multi-îles et les pièges de
correspondance sont expliqués dans
circuler entre les îles.
⚠️ Un point que beaucoup découvrent trop tard : les Tuamotu ne se combinent pas comme
les îles de la Société. Les fréquences sont plus faibles, un vol par jour est
courant, et un atoll manqué se rattrape rarement le lendemain. Prévoir large plutôt que serré.
La vie sur un atoll
Les villages comptent quelques centaines d’habitants, souvent regroupés près de la passe et de
l’aérodrome. L’hébergement est majoritairement en pension de famille — quelques resorts
existent, mais ils ne sont pas la norme. On y mange ce qui arrive par le bateau de
ravitaillement et ce que le lagon donne. Le choix entre les deux formules, et ce que chacune
implique vraiment, est traité dans
pension ou resort.
Quand y aller
La saison sèche, de mai à octobre, offre la meilleure visibilité sous l’eau et le moins de
pluie. Deux nuances propres aux Tuamotu : juin et juillet concentrent le rassemblement
des mérous dans la passe sud de Fakarava, donc les requins qui les suivent ; et les
atolls sont exposés au vent bien plus que les îles hautes, qui offrent toujours un côté sous
le vent. Le détail mois par mois est dans
quand partir en Polynésie.