C’est l’archipel que presque tout le monde a en tête en disant « Polynésie » : des montagnes
vertes plongeant dans un lagon turquoise, ceinturé d’un récif-barrière. C’est aussi celui qui
concentre la population, les liaisons et l’essentiel de l’hébergement — donc
celui par lequel commence pratiquement tout premier voyage.
2 groupes
Vent / Sous-le-Vent
une distinction administrative et pratique
UNESCO
Taputapuātea
sur Raiatea, patrimoine mondial depuis 2017
7
îles avec fiche
de Tahiti à Tetiaroa
Île haute, île basse : la différence qui compte
Une île haute est un volcan encore debout, entouré d’un récif-barrière qui
enferme un lagon entre lui et la côte. Une île basse — un atoll — est ce qu’il
en reste une fois le volcan enfoncé. Les îles de la Société sont presque toutes des îles
hautes, et cela change tout : relief, végétation dense, rivières, vallées habitées, et un
lagon protégé sur lequel on navigue facilement.
C’est exactement l’inverse des Tuamotu,
où l’horizon est plat et l’intérêt sous l’eau. Les deux archipels se complètent bien dans un
même voyage, et se ressemblent si peu qu’on a l’impression de changer de pays.
Îles du Vent, Îles Sous-le-Vent
La distinction revient partout et mérite d’être comprise, parce qu’elle est pratique autant
qu’administrative. Les Îles du Vent sont le groupe oriental, exposé aux alizés
qui soufflent d’est en ouest : Tahiti, Moorea, Tetiaroa. Les Îles Sous-le-Vent
forment le groupe occidental, à environ 200 kilomètres : Bora Bora, Raiatea, Taha’a, Huahine,
Maupiti.
Ce que ça implique concrètement : les Îles du Vent se rejoignent en ferry depuis Papeete, les
Îles Sous-le-Vent demandent un vol. C’est la première contrainte d’un itinéraire.
C’est le fait culturel majeur de l’archipel, et il est largement méconnu des visiteurs. Le
marae de Taputapuātea, sur Raiatea, est inscrit au patrimoine mondial de
l’UNESCO depuis 2017. Ce n’était pas un lieu de culte parmi d’autres : c’était le centre
religieux et politique de la Polynésie orientale, d’où partaient les grandes navigations vers
Hawaï et la Nouvelle-Zélande, et où les marae fondés ailleurs venaient chercher leur légitimité.
Ce que ce site raconte de la navigation polynésienne, et pourquoi elle relève de la science
plutôt que du hasard, est développé dans
le mana polynésien
et les légendes des îles.
Comment on les combine
C’est l’archipel le plus facile à enchaîner, et c’est sa force. Tahiti et Moorea se relient en
ferry ; Raiatea et Taha’a partagent un même lagon ; Bora Bora est à une trentaine de minutes de
vol des Sous-le-Vent. Trois îles sur douze jours restent confortables ; quatre
commencent à coûter en transferts ce qu’elles apportent en variété.
C’est aussi l’archipel où l’on dépense le plus, parce qu’il concentre l’hôtellerie haut de
gamme — et Bora Bora à elle seule tire la moyenne vers le haut. Il est pourtant possible d’y
voyager autrement : Huahine, Raiatea et Taha’a offrent des pensions de famille et un rapport
qualité-prix sans commune mesure. Les ordres de grandeur sont dans
le budget d’un voyage en Polynésie,
et l’arbitrage d’hébergement dans
pension ou resort.