L'observatoire · marché hôtelier

Le marché hôtelier a-t-il retrouvé son niveau d'avant 2020 ?

Oui en argent, non en fréquentation. Sur les douze derniers mois connus — juillet 2025 à juin 2026 — la recette par chambre offerte atteint 413,58 €, contre 262,64 € pour les douze mois qui précèdent mars 2020 : 1,57 fois plus. Le taux de remplissage, lui, est à 67,03 % contre 69,34 %, soit 2,32 points en dessous.

Les trois indicateurs ne sont pas revenus en même temps, et l'un d'eux n'est pas resté. Nous comptons les mois à partir de février 2020, dernière fenêtre de douze mois entièrement antérieure à la rupture de la série.

  • Recette par chambre offerte (RevPAR) juin 2022 28 mois
  • Recettes de l'hôtellerie août 2022 30 mois
  • Taux de remplissage janvier 2023 35 mois

⚠️ Le taux de remplissage est le seul des trois à être repassé sous son niveau d'avant mars 2020 après l'avoir retrouvé : il vaut 67,03 % sur les douze derniers mois, pour une référence de 69,34 %.

Vingt ans de recette par chambre offerte

RevPAR annuel de l'hôtellerie polynésienne, 2006–2025 — en euros
RevPAR annuel de l'hôtellerie polynésienne, 2006–2025 (euros)
PériodeValeur (euros)
2006132
2007128
2008111
200991
2010101
2011115
2012130
2013151
2014165
2015183
2016209
2017232
2018243
2019262
2020164
2021190
2022346
2023406
2024408
2025404

Point souligné : 2009, le RevPAR annuel le plus bas de la série (90,95 €) — et non 2020, l'année où le remplissage, lui, touche son plus bas. Le paragraphe « Le plus bas de la série n'est pas là où on l'attend » explique pourquoi les deux ne coïncident pas.

Vingt ans de taux de remplissage

Taux de remplissage annuel de l'hôtellerie polynésienne, 2006–2025 — en %
Taux de remplissage annuel de l'hôtellerie polynésienne, 2006–2025 (%)
PériodeValeur (%)
200662,1
200757,4
200853,3
200946,5
201052,3
201153,7
201256,8
201360,3
201463,0
201564,6
201668,6
201768,5
201868,3
201969,2
202044,3
202145,0
202268,8
202373,2
202467,6
202568,0

Point souligné : 2020, le remplissage annuel le plus bas de la série (44,32 %).

Ce que ça veut dire

Pourquoi le RevPAR, et pas le prix moyen

Un hôtel qui augmente ses tarifs en se vidant affiche un prix moyen en hausse et va mal. Le prix moyen ne décrit qu'une chose : ce qu'ont payé les clients qui sont venus. Il ne dit rien de ceux qui ne sont pas venus.

Le RevPAR — revenue per available room, la recette par chambre offerte — divise les recettes par toutes les chambres mises en vente, occupées ou non. Il monte quand les prix montent, il descend quand les chambres restent vides, et il ne peut donc pas être flatté par l'un au détriment de l'autre. C'est l'indicateur de santé d'un marché hôtelier ; le prix moyen est un indicateur de positionnement.

La hausse vient du prix, pas de la fréquentation

Comparés aux douze mois qui précèdent mars 2020, les douze derniers mois donnent : recettes × 1,60, prix moyen × 1,63, chambres offertes × 1,016, et remplissage × 0,967. Le parc mis en vente a très peu bougé, le taux d'occupation a légèrement reculé : ce qui a changé, c'est le tarif à la nuitée (378,74 € puis 617,02 €).

⚠️ Ces montants sont en euros courants, tels que publiés, sans correction de l'inflation. Une partie de l'écart entre 2006 et 2026 est de la hausse générale des prix, et la série ne permet pas de dire laquelle : nous ne la retranchons donc pas.

Le plus bas de la série n'est pas là où on l'attend

Le RevPAR annuel le plus faible des vingt années complètes est celui de 2009 (90,95 €), et non celui de 2020 (163,70 €). C'est de l'arithmétique, pas un paradoxe : en 2020 le nombre de chambres offertes a chuté en même temps que les recettes (564 918 chambres-nuits contre 1 194 661 en 2009), et le RevPAR rapporte les recettes aux chambres offertes. Des chambres retirées de la vente ne pèsent pas sur lui ; des chambres ouvertes et vides, si. Le taux de remplissage, lui, désigne bien 2020 comme le point bas.

Le fond de la série se lit mieux sur un seul mois : en avril 2020, la Polynésie entière déclare 108 chambres-nuits offertes et 20 vendues. En mars 2020, le mois d'avant, elle en déclarait 58 262.

Ce que ça change quand vous préparez un voyage

En moyenne, une nuit d'hôtel classé se facture aujourd'hui 1,63 fois ce qu'elle se facturait avant mars 2020, pour un parc mis en vente à peine plus grand (× 1,016). Un budget d'hébergement calculé sur un article écrit avant 2020 — ou sur un souvenir de voyage d'alors — sera faux d'à peu près cette proportion.

L'autre moitié du constat est moins souvent dite : le remplissage moyen est de 67,03 % contre 69,34 % avant mars 2020. En moyenne annuelle, il reste donc un peu plus de chambres inoccupées qu'à l'époque, pas moins. Cette moyenne annuelle ne dit rien d'un mois ni d'une île en particulier.

⚠️ Ces chiffres décrivent l'hôtellerie classée déclarée à l'ISPF, pas votre séjour. Ce que la série ne contient pas est dit juste en dessous.

Comment nous calculons

La source est la série mensuelle de fréquentation hôtelière de l'ISPF, publiée en licence ouverte. Elle porte, pour chaque mois, chaque archipel et chaque classe d'hôtel, trois grandeurs brutes : les chambres offertes, les chambres vendues et les recettes. Tout le reste s'en déduit :

  • Taux de remplissage = chambres vendues ÷ chambres offertes.
  • RevPAR = recettes ÷ chambres offertes.
  • Prix moyen = recettes ÷ chambres vendues.

Nous recalculons ces trois rapports à partir des colonnes brutes plutôt que de reprendre les colonnes déjà calculées de la source, et le script vérifie que les deux coïncident : sur les 2 287 lignes de la série, l'écart maximal est celui de l'arrondi de publication. Il vérifie aussi que la ligne « ensemble » de chaque mois vaut exactement la somme de ses lignes de détail — c'est ce qui autorise à agréger par classe sans qu'une catégorie manquante cache de la masse.

Agrégation annuelle

Une année vaut la somme de ses douze mois, puis le rapport de ces sommes — pas la moyenne des douze taux mensuels. Les mois n'ont ni le même parc ni le même nombre de nuitées : une moyenne simple donnerait à février le même poids qu'à août. Seules les années civiles complètes sont tracées ; l'année en cours figure dans le tableau, avec sa colonne « mois couverts ». Au relevé, 2026 n'en compte que 6.

Les dates de retour

Elles sont calculées sur une fenêtre glissante de douze mois : chaque point porte les douze mois qui s'achèvent ce mois-là, ce qui neutralise la saisonnalité sans lisser la série. La référence est la fenêtre qui s'achève en février 2020 — les douze mois de mars 2019 à février 2020, les derniers entièrement antérieurs à la rupture. La date de retour est le premier mois où la fenêtre repasse au niveau de cette référence, et la durée annoncée compte les mois écoulés depuis février 2020.

⚠️ Cette série glissante n'est pas tracée : 235 points sur 720 pixels donneraient un point tous les trois pixels, c'est-à-dire un trait. Elle est recalculée à chaque exécution du script, et n'importe qui peut la refaire depuis la source.

Des francs Pacifique aux euros

La source publie en francs Pacifique. Nous convertissons à la parité fixe de 119,3317 XPF pour 1 €, qui est une parité de droit et non un taux de change flottant ; le script vérifie que le rapport entre les deux colonnes de prix de la source ne s'en écarte pas. Aucune correction d'inflation n'est appliquée : les montants sont en euros courants.

⚠️ Ce que cet indicateur ne dit pas

  • Ce n'est que l'hôtellerie classée déclarée à l'ISPF. Les pensions de famille non déclarées et les locations entre particuliers n'y figurent pas. Sur un territoire où la pension est un mode d'hébergement majeur, cet angle mort est large et nous ne savons pas le chiffrer avec cette source.
  • Ni la croisière, ni les nuits chez l'habitant, ni les résidences. Un séjour peut se passer entièrement hors du périmètre mesuré ici.
  • Ce n'est pas un prix que vous paierez. Le prix moyen est une recette moyenne par chambre vendue, toutes catégories et toutes saisons confondues, taxes et remises incluses telles que déclarées. Ce n'est ni un tarif affiché, ni un devis.
  • Ce n'est pas une prévision. La série décrit ce qui a été déclaré jusqu'à juin 2026. Elle ne dit rien de la suite, et nous n'en déduisons rien.
  • Aucune cause n'est attribuée. Nous décrivons des niveaux et des dates. Les raisons d'un décrochage ou d'une hausse ne sont pas dans ce fichier.

Rejouer le calcul

Le script du dépôt est outils/observatoire-marche-long.mjs. Essai à blanc par défaut, --apply pour écrire, --verifier pour contrôler le site construit. Il refuse de tourner si la source change de forme plutôt que d'écrire un chiffre faux, et il n'est pas branché sur le build : il se rejoue à la main après chaque publication de l'ISPF.

Le tableau, année par année

Ces 21 lignes sont exactement celles du fichier marche-hotelier.csv. Séparateur point-virgule, point décimal, encodage UTF-8 — le format de la source ISPF.

Marché hôtelier polynésien, de janvier 2006 à juin 2026. Recettes en francs Pacifique, RevPAR et prix moyen en euros à la parité fixe.
Année Mois couverts Chambres offertes Chambres vendues Recettes (XPF) Remplissage RevPAR Prix moyen
2006 12 1 073 935 666 363 16 966 074 046 62,05 % 132,39 € 213,36 €
2007 12 1 159 488 666 045 17 670 438 894 57,44 % 127,71 € 222,32 €
2008 12 1 192 427 635 367 15 849 656 465 53,28 % 111,39 € 209,04 €
2009 12 1 194 661 555 891 12 965 933 295 46,53 % 90,95 € 195,46 €
2010 12 1 088 634 569 189 13 107 699 395 52,28 % 100,90 € 192,98 €
2011 12 1 082 439 581 461 14 859 422 043 53,72 % 115,04 € 214,15 €
2012 12 1 060 379 602 446 16 413 901 153 56,81 % 129,72 € 228,32 €
2013 12 967 364 583 364 17 412 199 864 60,30 % 150,84 € 250,13 €
2014 12 927 320 584 391 18 269 811 720 63,02 % 165,10 € 261,98 €
2015 12 901 069 582 480 19 696 127 641 64,64 % 183,18 € 283,36 €
2016 12 889 187 609 768 22 158 865 148 68,58 % 208,83 € 304,53 €
2017 12 946 867 648 323 26 262 983 072 68,47 % 232,43 € 339,47 €
2018 12 943 112 643 957 27 334 974 998 68,28 % 242,88 € 355,72 €
2019 12 925 871 641 035 28 893 712 952 69,24 % 261,52 € 377,72 €
2020 12 564 918 250 355 11 035 778 970 44,32 % 163,70 € 369,39 €
2021 12 700 559 314 887 15 890 064 802 44,95 % 190,08 € 422,88 €
2022 12 864 454 595 022 35 722 074 934 68,83 % 346,29 € 503,09 €
2023 12 875 440 640 428 42 455 989 430 73,15 % 406,40 € 555,54 €
2024 12 906 888 613 443 44 138 257 325 67,64 % 407,85 € 602,96 €
2025 12 973 555 661 876 46 980 902 587 67,99 % 404,39 € 594,82 €
2026 6 439 367 272 880 19 514 110 842 62,11 % 372,19 € 599,27 €

La colonne « mois couverts » vaut 12 pour une année complète. Une ligne à moins de 12 mois n'est pas comparable aux autres : elle ne couvre pas le cycle entier de l'année.

Sur la même série, un autre angle : le luxe prend-il toute la place ?

D'où viennent ces chiffres

Source
ISPF — Institut de la statistique de la Polynésie française
Licence
Open Database License (ODbL) 1.0 — attribution et partage à l'identique du dérivé
Période couverte
2006-01 à 2026-06
Relevé le
Prochain contrôle
Données
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