Les Marquises ne ressemblent à rien de ce que l’on imagine en pensant « Polynésie ». Pas de
lagon turquoise, pas de bungalow sur pilotis : des falaises noires tombant dans le
Pacifique, des vallées profondes, des tiki de pierre et une culture qui n’a jamais
cessé d’être vivante. C’est l’archipel le plus lointain, le moins visité, et celui qui marque
le plus durablement ceux qui s’y rendent.
~1 400 km
De Tahiti
l’archipel le plus éloigné
10 jours
Durée minimale
l’aller-retour mange déjà deux jours
Sans lagon
Ou presque
des falaises, pas des plages de carte postale
Ce qui les rend différentes
→Il n’y a presque pas de lagon, et donc presque pas de plage. La mer bat directement la côte : c’est ce qui a taillé les falaises. Qui vient chercher le turquoise des Tuamotu sera dérouté.
→Le relief est vertical et sombre, couvert de forêt. C’est une beauté minérale et dramatique, pas une carte postale.
→La culture y est très vivante : sculpture sur bois et sur pierre, tatouage — dont les motifs marquisiens sont à l’origine d’une grande partie de l’imagerie polynésienne mondiale —, langue marquisienne, danse du haka manu.
→Le tourisme est léger. Peu d’hébergements, peu de restaurants, une organisation qui repose beaucoup sur les pensions et les habitants.
Ce n’est pas une extension de voyage. C’est un autre voyage, qu’on ne peut pas ajouter à la
fin d’un séjour aux Îles Sous-le-Vent.
Un archipel classé pour deux raisons à la fois
En juillet 2024, l’UNESCO a inscrit Te Henua Enata — Les îles Marquises au
patrimoine mondial. Ce qui compte ici n’est pas le label, c’est ce qu’il reconnaît : le bien
est mixte et en série, une catégorie rare. Il a été retenu sur
cinq critères — trois naturels et deux culturels.
Autrement dit, la même décision distingue les crêtes et les falaises, l’endémisme et la
biodiversité terrestre et marine d’un côté, et de l’autre la capacité d’adaptation
d’une civilisation arrivée par la mer vers l’an mil. C’est exactement ce qui fait la
singularité du voyage : on ne peut pas y regarder le paysage sans y lire une
histoire humaine, et inversement. Les vallées ne sont pas seulement des décors, ce
sont les lieux où cette civilisation a tenu.
Source · UNESCO, Liste du patrimoine mondial,
Te Henua Enata — Les îles Marquises, inscription à la 46e session du
Comité du patrimoine mondial (New Delhi, juillet 2024) ; communiqués du ministère de la
Culture et de la Délégation permanente de la France auprès de l’UNESCO.
Où va-t-on, concrètement
Deux îles concentrent l’essentiel des séjours, et elles ne racontent pas la même chose. Ce
qu’il faut savoir pour choisir tient en une ligne chacune — le détail, lui, est dans leur
guide.
La plus grande, et la porte d’entrée aérienne de l’archipel. C’est là que l’échelle du relief marquisien se voit le mieux : des vallées et des amphithéâtres que rien ailleurs en Polynésie ne laisse imaginer. À choisir si vous venez d’abord pour le paysage.
Le versant humain du même archipel : c’est l’île où la civilisation marquisienne a laissé ses traces les plus denses, et celle qui a retenu Gauguin puis Brel. À choisir si vous venez d’abord pour la culture et l’archéologie.
Vols depuis Tahiti vers Nuku Hiva et Hiva Oa, avec des fréquences bien plus faibles que sur les autres archipels. Les liaisons entre îles marquisiennes existent mais restent limitées : l’itinéraire doit se construire autour d’elles.
Avec l’Aranui
Un cargo mixte qui dessert l’archipel en une douzaine de jours, en transportant à la fois du fret et des passagers. Ce n’est pas un moyen de transport : c’est la formule elle-même, avec escales, débarquements et vie à bord. Se réserve très longtemps à l’avance.
Pour qui, et quand
Les Marquises conviennent aux voyageurs qui ont déjà vu la Polynésie, ou à
ceux qui n’en attendent pas l’image attendue : marcheurs, amateurs d’archéologie et de
sculpture, photographes de paysage. Elles conviennent mal à un premier séjour court, à un
voyage de noces classique, ou à qui vient d’abord pour le lagon.
Côté saison, la logique diffère du reste du pays : situées plus près de l’équateur, les
Marquises sont moins marquées par l’alternance sec/humide des îles de la Société. Le sujet est
traité dans notre calendrier
mois par mois, qui rappelle que chaque archipel a son propre régime.
Ici, la mer bat directement les falaises : il n'y a presque pas de lagon.
Pour bien décider
→Premier voyage en Polynésie, moins de 15 jours : gardez les Marquises pour plus tard.
→Vous cherchez le lagon : ce n'est pas ici, allez aux Tuamotu.
→Vous aimez marcher, l'archéologie, la sculpture : c'est l'archipel qui vous attend.
→Vous voulez tout voir en une fois : choisissez l'Aranui plutôt que l'avion.